MYRIAM GERMAIN - NATURE URBAINE

par Raphaël Richard, le Dimanche 12 Mars 2023

Myriam Germain - Nature urbaine

Myriam Germain - Nature urbaine

Ingénieure agronome de formation, Myriam Germain a quitté la recherche institutionnelle pour découvrir le maraîchage, la permaculture et l'écoconstruction. Référente stockage de carbone de Résilience urbaine, elle est retournée en ville tout en restant tournée vers la nature.

Rien ne la présageait à mettre les mains dans la terre. A Vigneux-sur-Seine dans l'Essonne, elle a grandi en zone urbaine et plutôt avec les doigts sur la manette d'une console de jeu. Une occupation qui ne l'empêche d'être bonne élève à l'école et d'atterrir à Agrocampus ouest à Rennes, où elle découvre alors l'agriculture notamment lors de ses stages. « Un monde s'est ouvert à moi que j'ai aimé », raconte-t-elle aujourd'hui. Pour s'orienter vers la recherche, elle qui adore les maths double son diplôme d'ingénieur agronome d'un master de statistiques appliquées.

Son stage de fin d'études en agriculture se déroule donc à l'Inra à Grignon (Yvelines), où elle travaille ensuite de 2014 à 2017 sur le recyclage des déchets organiques, les solutions de stockage du carbone grâce au sol et leur modélisation.

« J'étais trop derrière un ordinateur, cela manquait de contacts », déplore toutefois Myriam. Débute alors une période de découverte avec deux ans de Wwoofing en France et en Irlande pour apprendre le maraîchage, dans des lieux appliquant les principes de la permaculture. Mais voyant « un peu tout et son contraire » en la matière, elle suit un cours certifié de permaculture avec Pascal Depienne en 2018 pour y voir plus clair. Elle fréquente d'autres sites du réseau, expérimente l'écoconstruction, fait la tournée des chantiers, explore la dimension humaine, influencée par sa découverte du bouddhisme, qui vient combler un « côté spirituel qui manque dans nos vies ». Par ailleurs, en vivant sur le lieu d’un autre des fondateurs de Résilience urbaine, elle découvre le monde de la formation : « J'ai eu la chance grâce à Joël [Guyon] d'animer un stage d'initiation à la permaculture, ce qui m'a permis de me rendre compte que j'aimais bien transmettre. »

Retour en ville

Après avoir géré d'autres stages, elle retourne en Essonne, et se rend compte qu’elle a aussi besoin du monde urbain. « Je me suis intéressée à la permaculture dans la ville, quand le projet Résilience urbaine est arrivé, il m'a donc parlé direct. » Elle en est désormais la référente stockage de carbone et sol, s'intéresse aux pratiques pour le favoriser et démontre l'intérêt de le désimperméabiliser.

Malgré son retour en ville, elle ne perd pas le contact avec la nature. Avec l'association La Clé des champs elle participe à développer et animer des potagers pour les petits et grands, avec Les Croqueurs de pomme elle gère des vergers dans l'Essonne avec notamment un objectif pédagogique, et avec Les Amis de la terre elle mène une campagne pour améliorer l'alimentation des cantines scolaires. Les pieds sur le bitume, les mains dans la terre, le cœur dans le sacré et la magie du vivant.